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Sur scène, un corps hors norme défie les codes de la danse et les lois de la physique. Danseur et chorégraphe, Sofiane Chalal l’assume sans ambages : « On me rencontre deux fois, comme si mon corps prenait toute la place, même la mienne. » Cette dualité presque schizophrène entre sa vie sur scène et sa vie à la ville est le sujet de cette performance qui est tiré de son premier solo, Ma part d’ombre.
Presqu’un rite initiatique, où il est question de sujets très personnels, donc universels : le corps comme allié et ennemi, et le paradoxe, parfois stimulant, parfois douloureux, entre ce que nous percevons de nous-mêmes et ce que voient les autres. Sofiane Chalal les aborde avec beaucoup de sensibilité, et une gestuelle caractéristique qui charrie à la fois la puissance du hip hop et la fragilité du mime. Aussi à l’aise dans les battles que dans les théâtres, il bouscule toutes les idées reçues et ne rentre dans aucune case. Il se met ici à nu dans cette proposition et explore à sa manière singulière et intuitive la position de l’artiste et la façon dont la scène le transforme.

Créé en 2022, Ma part d’ombre est le premier solo de Sofiane Chalal. La pièce rencontre rapidement un large écho, avec plus de 150 représentations en France et en Europe — notamment en Belgique et en Suisse — et une tournée toujours en cours. Ce solo fondateur pose les bases d’une écriture où le corps devient espace de lutte, de résistance et d’affirmation, traversé par les questions de regard, de normes et d’identité. En 2026, à l’invitation du Théâtre National de la Danse Chaillot, dans le cadre de Chaillot Olympique, Sofiane Chalal est convié à présenter Ma part d’ombre. Plutôt qu’une simple reprise, il imagine une forme courte, d’environ trente minutes, pensée pour un public installé à 360° dans un espace non dédié. Cette proximité agit comme un déclencheur.
Ce déplacement du cadre révèle une autre manière d’être en scène : plus directe, plus exposée. Le mouvement se condense, l’écriture se resserre, l’enjeu se déplace vers l’intensité et la présence.
BIGGER prolonge les questionnements de Ma part d’ombre tout en les radicalisant. Le titre n’évoque pas une amplification spectaculaire, mais un agrandissement intérieur : prendre pleinement sa place, occuper l’espace sans s’excuser. Un corps visible, assumé, qui danse comme un acte de résistance et de liberté.